Un débat est en cours à l’Assemblée nationale autour de l’obligation de renouveler les diagnostics de performance énergétique (DPE), même pour des logements récents et performants. Une question écrite publiée en janvier 2026 soulève le point suivant : certains propriétaires se retrouvent contraints de refaire un DPE individuel pour chaque logement situé dans un immeuble récent, simplement parce que la méthodologie d’évaluation a changé. Cette situation génère des coûts supplémentaires sans, selon eux, apporter d’information utile sur la performance réelle des logements concernés.
Depuis la réforme du DPE entrée en vigueur au 1ᵉʳ juillet 2021, les diagnostics réalisés selon l’ancienne méthodologie sont devenus obsolètes à partir du 1ᵉʳ janvier 2025. Ce changement vise à harmoniser les évaluations pour mieux détecter les logements les plus énergivores. Mais il a aussi conduit à des situations paradoxales pour des immeubles construits récemment et conformes aux normes thermiques en vigueur lors de leur construction. Dans ces cas, en effet, la performance énergétique est déjà élevée. Et refaire un DPE ne change pas l’information disponible, alors que cela coûte plusieurs centaines d’euros par logement.
Face à ce constat, la question écrite interpelle la ministre en charge de la transition écologique sur la possibilité d’assouplir l’obligation de renouvellement des DPE pour les logements récents. L’idée serait alors d’exonérer de cette obligation les biens situés dans des immeubles construits il y a moins de dix ans et respectant les réglementations thermiques en vigueur à leur date de construction. Une telle présomption de performance énergétique pourrait ainsi éviter des dépenses inutiles pour les propriétaires et recentrer l’effort sur les logements réellement énergivores.
Ce débat illustre un défi plus large : comment concilier des objectifs réglementaires ambitieux avec une application pragmatique sur le terrain. L’efficacité des outils comme le DPE dépend de leur capacité à refléter fidèlement la réalité énergétique des logements sans alourdir de manière injustifiée les démarches des propriétaires. La question posée au gouvernement invite donc à réfléchir à des ajustements qui préservent la pertinence du diagnostic, tout en évitant des contraintes disproportionnées pour des biens déjà performants.